Journal d'un jeune ignorant

19 novembre 2006

Ceci est de la pub

Emerger, encore et toujours: émerger de la masse, émerger des six milliards, émerger d'un groupe de dix personnes... Se faire et se défaire dans le but de plaire. Plaire, encore et toujours: plaire à eux, à elle, à la foule... Se regarder dans le mirroir et s'aimer tel Narcisse.

Mon reflet me poursuit.
Il est là, au aguet.
C’est le simple fruit
De mon esprit de minet.
Il m’obsède et me sourit.
Je crois qu’il l’a comprit.

Sourit, tu te regardes.
Ton expression snobinarde.
Sourit, tu t’explores
A travers tes pores.
Sourit, tu admires
Ta statue de cire.

Je suis fou de ce moi.
Mon médecin prescrit
Un dénigrement de soi,
Une bone dose de mépris
Envers glaces et miroirs
Je ne pourrais plus me voir.

Sourit, tu te regardes.
Ton expression snobinarde.
Sourit, tu t’explores
A travers tes pores.
Sourit, tu admires
Ta statue de cire.

Mais comment résister?
Sans moi, c'est le noir.
Je vais finir par me tuer.
Je voulais la gloire.
Il n'y a que mon reflet.
Qui peut me sauver.


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16 novembre 2006

Mirroir, mon beau mirroir

I

   La simple vision d’un visage imparfait le rendait nerveux. Antoine était obsédé par la beauté et tout ce qui allait contre le beau l’énervait. Il aimait voir, entendre, lire et imaginer de belles choses, partout et tout le temps. Lorsque un visage boutonneux, une blague de mauvais goût, le grincement d’un parquet, la lecture d’un mauvais roman ou un cauchemar faisaient irruption dans sa vie, il se fâchait. Il était souvent angoissé la nuit en repensant à de quelconques imperfections. Parfois ces angoisses le troublaient dans son sommeil. Il avait retiré tous les miroirs de son appartement par peur de se suicider à la vue d’un défaut dans son reflet. Celui-ci le surprenait quand il se baladait en ville: une vitrine ensoleillée ou un miroir dans une galerie marchande... Il sortait de moins en moins au fur et à mesure que ses angoisses augmentaient. La laideur l’agressait partout, en ville, au bureau, à la campagne...  Il se sentait oppressé. Il parlait peu, s’exclamait beaucoup et soupirait tout le temps.
   Il était né dans une famille qui nourrissait un culte de la beauté de génération en génération. La nature l’avait gratifié d’un visage d’une beauté sculpturale parfaite, pour son bonheur et son malheur. Sa mère n’eut qu’une exigence envers son enfant: il se devait d’être beau. En grandissant, il ne comprit plus les autres, ceux qui étaient banalement moches. Il fut exclut à l’école car il critiquait les enfants de son âge. Il les jugeait incapable de le fréquenter. Il avait peur qu’ils le contaminent. Il resta solitaire toute sa vie. Il avait de nombreuses liaisons amoureuses avec les plus belles femmes de Paris mais elle n’était que brèves. Il trouvait toujours un défaut chez ses conquêtes ce qui l’obligeait à les quitter.

II

   Un week-end, Antoine profita de son samedi après-midi pour se rendre dans un musée. Il décida d’aller à Beaubourg. Tandis qu’il marchait lentement sans porter d’attention particulière à une œuvre, il fut frappé par la beauté d’un des tableaux. Il fut même gêné par le sublime qui semblait l’agresser. C’était une représentation d’un homme d’une extrême beauté. Il ne put supporter la vue d’un si bel homme plus longtemps. Il quitta le bâtiment. Il erra quelque temps dans les rues, triste, tête baissé, humilié, frappé dans ce qu’il avait de plus chère: l’amour de sa beauté. Au bout de dix minutes d’errance, il revint au musée pour être convaincu, ne croyant plus en ces souvenirs. Il courra jusqu’à l’homme, la regarda de nouveau et trouva le même visage face à lui avec la même beauté. Il avait cependant l’air plus fatigué, et des gouttes de sueur coulaient le long de son front. Tout cela n’enlevait rien à sa beauté. Il détourna le regard et pleura. Il rentra chez lui et tenta de s’endormir pour oublier. Mais le visage revenait l’agresser dans ses pensées, l’enlevant à son sommeil. Il prit une corde, fit un nœud coulant et se tua. Sa mère découvrit l’homme mort, plus splendide que jamais. La mort avait figé ses traits tirés par l’angoisse. Il avait laissé une lettre expliquant les raisons de sa mort. Il désirait être incinéré, ne voulant pas commettre l’affront d’offrir son corps à la terre car il le jugeait désormais horriblement laid. On découvrit que l’œuvre responsable de sa mort était en réalité un miroir. Ne se souvenant plus de son visage, il était mort de jalousie face à son propre reflet.

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Sex, Drugs & "littérature"

A lire, une nouvelle Minet: _Users_jean_pierreguillon_Desktop_Victor_minet

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15 novembre 2006

Néant

Si tu n'as rien à dire, fais le avec conviction.

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14 novembre 2006

Question existentielle

L'adolescence se résume en réalité en une phrase de forme interrogative: "Pourquoi je suis là ?". Elle en induit d'autre comme "Pourquoi je vis ? A quoi je sers ?" On tourne la question au fond de notre cerveau, dans tout les sens, et la réponse s'appelle "être mature". Etre mature, c'est être niais, penser efficace -c'est à dire très peu- pour se contenter de vivre. Ça a du bon. Mais à quinze ans, ça fait peur. Être réduit à l'état de néant intellectuel ou à un "peut mieux faire" intellectuel ne m'enchante pas. Je m'attriste devant ma condition future, je regarde les gens marchaient dans la rue et, en bon adolescent, je me dis "Je ne serais pas comme eux". Je fais un pacte avec moi-même. Un jour je regarderais ces mots et me dirais "Je me suis trahi, ce que j'ai pu être con". Je pleurerais un peu puis je repartirais au front, à la vie, "la vraie vie".

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Sonnet pour les cons

La futilité suce allègrement mon sang,
Je me perd dans l’abîme de ma connerie.
Mon cerveau s’appauvrit, doucement, s’abrutit.
Puis-je devenir plus qu’un simple chenapan ?

Dans un flot de grotesque pathos, je me noie,
Je bois la tasse pour m’abreuver de stupide.
Des imbécillités, je demeure cupide.
Ce maudit “on” me contemple, rempli d’effroi.

Rien ne motive ma vie, j’erre là sans but.
Heureux, qui comme un con, mène sa vie, hirsute.
Certains tentent de m’intellectualiser.

Causes perdues, ils usent de long mots savants.
Au fond, je pense qu’ils ne m’ont pas bien cerné.
Ils ne discutent qu’avec un simple adolescent.

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13 novembre 2006

Masturbation

J’écris cette hymne adolescent ou devrais-je dire “je cris cette hymne adolescent”. Je cris le soulagement sexuel. Je cris la pulsion bestiale qui pousse les adolescents à la masturbation, dans la découverte de leur sexualité. Je cris les moments passés en compagnie de mes fantasmes exaucés par mon esprit. Je cris sur le papier.
Tant de brefs plaisirs pris en ma compagnie, le temps de quelque secondes, le temps de l'éphémère qui devient -au plus fort de la sexualité adolescente- quotidien. J'aime à me rappeller cet aperçu sexuel. A toutes mes masturbations, je vous rends ici hommage, pour tout ce que vous avez fait pour moi: Merci.

Posté par vico79 à 19:11 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]